Modèle des activités 
Modèle Organisationnel des Traitements 
Commentaires méthodologiques.


Ce n'est pas parce qu'on fait dans la technique que ça dispense de réfléchir, au contraire :
"Qui a le plus besoin de l'épistémologie? Ce sont les ingénieurs, ceux qui ont le besoin le plus urgent d'une théorie de la connaissance, et la meilleure probabilité d'en créer" (Seymour Papert & G. Voyat, 1968) 
 
Merise est la seule méthode de conception de systèmes d'information qui prend en charge explicitement la question de l'organisation. Ce serait même à l'origine de son nom. Cette idée date du début de la décennie 80, une époque où les informaticiens commencent à comprendre l'insertion sociale de leur travail (en fait ils s'aperçoivent que, sans les "utilisateurs", ils ne peuvent produire de bons programmes).

Comme on l'a vu, le MOT peut être utilisé comme un outil support d'un travail coopératif de conception :

- En focalisant sur le poste de travail, les procédures fonctionnelles donnent un cadre pour réfléchir aux interfaces personnes-machines : les besoins en données pour une tâche, que l'on va appeler vue externe dans le jargon bases de données. Il est ainsi rappelé qu'un système d'information, c'est certes de la high-tech (Java, Corba, BDOO, XML ...etc.) mais ce sont aussi des hommes qui s'en servent pour les besoins de leur travail.
 
- En inscrivant les tâches et les postes dans une vision systémique (globale), on peut au moins poser la question (sinon la résoudre) de leur répartition dans le système : qui fait quoi et où, reste encore aujourd'hui le problème des architectures réparties.
 
- Les 3 repères (qui, ou et quand) portent l'attention du concepteur sur la notion abstraite de PROCESSEUR de l'information, un processeur qui se concrétise (s'instancie) par sa position spatiale et temporelle au sein d'une organisation.

- En distinguant la description de ce qui est, de ce qui pourrait être et de ce qui sera, le MOT nous indique que l'informatique n'est pas une pure application d'un modèle conceptuel. La conception d'une spécification du problème peut se faire sous l'hypothèse de ressources illimitées. La conception d'une implémentation se fait sous la loi de ressources limitées (hommes et machines), qui doivent donc être employées de manière optimale, si possible.

Il n'est pas certain que nous (les informaticiens) ayons fait beaucoup de progrès dans ce domaine : nos "méthodes" se font de plus en plus techniques en sous estimant le rôle des organisations dans lesquelles elles s'inscrivent :

"Quant aux efforts du milieu "orienté-objets" pour monter au niveau des méthodes de conception, il ne semble pas près de se voir couronner de succès faute de se pencher sur les aspects macroscopiques du SI. En particulier 
- les questions organisationnelles (... répartition des activités et des ressources entre les acteurs...) semblent délibérément écartées... 
- la conception globale des processus est ignorée: tout se passe en général ... comme si les processus globaux n'existaient que par la façon dont s'enchevêtrent les cycles de vie des objets qui y sont manipulés." 
Yves Tabourier, Conception "systèmique" des SI et développement "orienté-objet" des logiciels: l'interface. INFORSID, Lille 1993.
 
Nous allons maintenant voir comment certains diagrammes plus récents (1997) de la notation UML apportent un (léger) démenti à ce pronostic.

Auteur : Bernard Morand  Activités Date de dernière mise à jour : 15/4/1999